Carnaval de Dunkerque : ils se déguisaient en prêtre ou en militaire, mais c’est interdit

On ne peut pas porter de costume militaire ou religieux lors des bals et des bandes du carnaval dunkerquois. Ce n’est pas nouveau, mais les contrôles sont plus stricts cette année, du fait de l’état d’urgence. Voilà qui bouscule les habitudes de certains carnavaleux !

L’interdit est fait pour être bravé mais, cette année, ce sera un peu compliqué. L’arrêté municipal qui interdit les déguisements militaires et religieux au carnaval est appliqué à la lettre sous peine de sanctions (lire plus loin). Dommage pour Willy Moreews, de Ghyvelde, qui endossait depuis quatre ans le costume du général de Gaulle.Ou plutôt ce qui y ressemble. « Je porte une gabardine, cette grande veste qui descend jusqu’aux genoux, mais il y a plein de bricoles dessus pour bien faire comprendre que ce n’est pas du sérieux, explique Willy, qui est également vice-président des Quat’Z’Arts, l’association carnavalesque. Je suis un peu déçu de devoir changer de déguisement, on me connaissait pour ce costume, mais ce n’est rien, je le remettrai en chapelle ». Ce week-end, il troquera son uniforme pour se grimer en… Geneviève de Fontenay, accompagnée de deux miss. « Deux grands gaillards pas vraiment belles », prévient-il. Ça change ! Gérard Laridan, le monsieur communication des Corsaires de Dunkerque, préfère quant à lui les soutanes de prêtres et les tuniques soyeuses de cardinaux. Mais lui aussi va devoir revoir son style. « C’est un peu ridicule, où cela va-t-il s’arrêter ? Je suis un citoyen, alors je vais changer de costume par respect, mais ça m’embête, explique-t-il. Ce déguisement de curé, c’est un clin d’œil à la loi 1905 et la séparation des Églises et de l’État, car je suis un laïc pur. Je peux encore comprendre les restrictions pour les costumes militaires car ça peut être mal interprété, mais bien souvent ce sont des vêtements d’époque, on ne peut pas acheter des uniformes officiels dans le commerce ».

Pour contourner la règle, il sera déguisé en premier communiant, avec son petit brassard, son béret et sa capeline. « Je suis un ouvrier prêtre, pas un prêtre ouvrier », blague-t-il. Quelles sanctions ? En mairie, on explique que les sanctions ne devraient pas être trop sévères. Si vous portez un costume prohibé, vous risquez de vous faire refouler de l’entrée de certains établissements, mais pas d’amende prévue.

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